vendredi 23 février 2018

NOUVELLES COULEURS

Illustration trouvée sur le Net
Nous relierons patiemment nos veines.
Et de nos sangs mélangés,
Sortiront des couleurs
Jusque-là inconnues.
Et tous unis,
Nous leur donnerons
De nouveaux noms,
Sur les rythmes des battements
D’un même coeur.

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

mardi 13 février 2018

ROSES DES BIVOUACS

Omar Delawer
pour la paix, contre toutes les formes de haine
Sauras-tu être ce pont de lumière
Où étincellera l’étoile des amis,
Pour réveiller en chant
Ce feu d’amour qui, sans cesse, en toi, luit
Mais que, toujours, hélas, tu fuis ?
Jette donc cette horrible chaîne de haine
Qui te souille, à la rouille de l’oubli !
Tu ne t’envoleras jamais, ami,
Si tu ne sais qu’être ennemi !
Sauras-tu libérer les roses des bivouacs en rires
Pour laisser les anges de l’aube fertile frémir
Et planter les champs solaires
De milliers d’arbres frères ?
Leurs racines ont soif de danses.
Chante leurs fruits en transe,
Apprends, de leurs longues nuits,
Comment offrir, à la paix, les nids
D’où s’élèveront, radieuses à la vie,
Les sèves des plus belles symphonies.
Ecoute-les dans le vent te libérer, toutes ravies,
Des épines de la haine qui te crucifient !
©Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»

mercredi 7 février 2018

PARFUM DE COULEURS

Merci,grande dame des couleurs!

Pourquoi, humain, ne voudrais-tu être
Que froide et laide nuit
Alors qu’au fond de toi
Le plus beau des printemps gît ?
Laisse-le te chanter tes plus belles couleurs
Et parfumer de tes mains
Le merveilleux cours de tes heures !
Offre-toi donc tes plus beaux jardins
Que tu étouffes de tes propres mains
Qui ne savent plus, assassin,
Que tuer tous les matins,
Tout arbre, toute fleur, sur ton chemin!
Serais-tu donc né, humain,
Pour vivre dans la laideur, dans la puanteur ?
Serait-ce là, inhumain, ton destin ?
© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"

mercredi 24 janvier 2018

Ciel froissé

Tableau de Felix Valloton

Je ferai de toutes tes lettres, 
Un long chemin de rêves,
Pendant mes longues heures d’insomnie 
Où les nuages multicolores miaulent de morts
Et de pluies noires qui crachent leurs agonies
En ventres flottant de sachets noirs !
La lune en haillons et cicatrices fouille les poubelles
Et croque à dents perdues,
Comme une vieille folle,
Les restes pourris d’un crâne de veau d’où s’enfuient
De timides asticots !
Le ciel froissé des fumées de la cimenterie
Vomit ses herbes de cimetière
Dans la musique d’interminables flaques d’urine
Et de longs boyaux de vaches et de moutons
Bourrés de crottes luisantes
Bouse aussi,
Paille ensanglantée,
Seules, bijoux de nuits !
Les étoiles brillent, sournoises, sonores
Comme des couteaux de braqueurs,
Sur la chair d’interminables verres chancelants
Et ta carte tirée sera, encore une fois, la dernière !
L’ex-diva de la ville se regarde
Dans le miroir de la grande surface
Auquel elle raconte son amour parti,
En dodelinant de la tête entre les rayons
Des sous-vêtements et des macaronis !
© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

dimanche 14 janvier 2018

L'emmurée


Derrière ce mur tout blanc,
Je devine la nuit de tes lèvres,
Le voyage de ton désir ligoté
Dans ta langue enflammée
Qui éclate dans le fracas
De ton appel que tu ravales,
Au creux des cris de tes supplices !
Murs ! Murs ! Murs ! Murs !
Naissance de soleils arrêtée !
Derrière ce mur tout blanc,
Dans ta nuit ambulante,
Tu deviens, impuissante,
Paquets de marbres,
Silences, peurs et soumissions !
Derrière ce mur, bien loin des arbres,
D’autres murs, sous terre,
T’enserrent, t’enterrent
Dans les spirales, tout en vaines prières,
De tes silences de momie !
Bouquets de braises endormies
Que seul le souffle de l’amour, ma belle,
Pourra rallumer en une infinité d’ailes !


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

dimanche 7 janvier 2018

ROSES NOIRES


Tu es là, 
Pourtant, tu ne l’es déjà plus !
L’as-tu jamais été ?
Les épines crient sous la lune.
Ma main épouse le bateau qui s’en va
Vers ses poignées de poussière
Enterrant les échos des promesses d’hier.
Les roses noires
S’essoufflent à gravir le sang du matin.
Seules nos ombres
Dessinent encore
Nos chants morts
Qui sombrent,
Dévêtus de tout leur or !
Tu es là,
Pourtant, tu ne l’es déjà plus !
L’as-tu jamais été ?
Sur mes lèvres, pour m’embrasser,
Sans lumière ni lendemain,
Vient se poser la feuille du vent
Qui arrache, en les embrasant,
Les roses noires sans parfum
De ce qui fut notre sublime jardin.

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»

samedi 23 décembre 2017

PALESTINIENNE!


Je suis Palestinienne !
Bergère des foudres !
Chaque seconde, j’enfante 
Tous les millénaires de ma terre
Que je reprendrai,
Dans l’insaisissable lumière
De mon ventre céleste,
Intarissable source des poings
Qui broieront les ténèbres
De vos lâches feux d’assassins !


© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"