vendredi 23 juin 2017

LES CRIS DE LA TERRE





Illustration tirée  du Net

















Empoisonnée, ensanglantée, minée,
Emprisonnée, calcinée, meurtrie,
Tu implores, Terre, en criant
De toutes tes racines-veines,
De tous tes fleuves et rivières,
L’Homme-l’ingrat,
D’arrêter tous ses crimes,
De te laisser continuer
Les chants de tes épopées
Portés par tes échos,
Entre monts et vallées,
Entre labours et cimes,
Entre grottes et forêts !
Empoisonnée, ensanglantée, minée,
Pourtant, tu lui offres encore
Ton eau qu’il assassine,
Tes arbres qu’il élimine !
Pourtant, tu coules encore
Roucoules, ton corps asphyxié,
En tes chemins de fleurs,
En tes rires de mer, en tes aires,
En tes champs, en tes déserts, rêveuses dunes !
Pourtant, ses impitoyables gaz brûlent encore tes pleurs !
L’ingrat rend de ses dards d’acier et de haine
Ton voyage d’amour impossible !
Terre ravagée, tu es son lâche trophée, sa cible !
Il ne sait que te violer, t’estropier, te polluer,
Bourreau aux bras pestilentiels,
Aux flammes de fiel !
Pourtant, tu lui offres encore
Ton sang, tes fruits, ton miel,
Tout l’argent, tout l’or de ton généreux ciel !

© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"

mardi 20 juin 2017

Lisant quatre de mes poèmes

Me voici lisant mes poèmes " Derrière le souffle", " Révolte", Mèche" et "Combinaison", dans le cadre de la soirée poétique organisée par "Le Club Pont des Civilisations pour la Traduction" présidé par la Poète Fatma Mekni , en collaboration avec La Maison de la Culture Ibn Zaydoun de Tunis.

mercredi 14 juin 2017

NELSON MADIBA MANDELA

                               ( Président de l'Afrique du sud du 10 mai 1994 au 14 juin 1999 )


Quand le chant retrouva son oiseau,
L’espoir, récitant ses couleurs,
S’éleva, juste,
Sur son sommet de lumière !
Nelson Madiba Mandela,
Tu offris les bras de tes nuits,
Tes longs jours de silence
Criant de vie
Contre les murs de la haine,
Contre l’enfer du mensonge et de l’oubli !
Tes mots reprirent le cours de leurs cieux
Pour s’envoler en pas sûrs,
En chemins pour tous les yeux
Assoiffés de bonheur possible.
Tu vainquis l’arme des séparations.
Elle fondit, au feu de l’amour,
Sous les chaudes larmes
Des retrouvailles, en mains éclairées
Des rires multicolores de chansons
Pour tous les enfants,
Dans les jardins fleuris de nouveaux horizons !

© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"

mercredi 7 juin 2017

La barque de tes rêves

Embarquée vers ton rêve, 
Tu prépares les couleurs
De tes étoiles et tes nuits 
T’ouvrent des chemins
D’envol comme ces flamants
Qui t’attendent,
Rose,
Roses en aubes
Pour éclairer leur voie
De tes subtils doigts
D’alchimiste des départs
Et des retours des eaux réveillées
Par tes mains où viennent s’allumer
Toutes les sérénades de mes étoiles.
Elles écrivent ton nom qui danse
Dans les flammes sans voix de mes cris.


© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

Illustration du Net


dimanche 4 juin 2017

Les obscurs

Pierre Soulages


Ils ont cousu des linceuls aux mots 
Et tendu leurs pièges aux chants des oiseaux
Passeurs de lumière.
Ils ont coupé les ailes des étoiles,
Pour en faire des fouets
Contre les cris vrais.
Ils ont taillé les ronces les plus folles
Pour ensanglanter, avec, l’aube des voyageurs
Et crucifier leurs danses d’amoureux.

© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressac

mercredi 31 mai 2017

Chants de regards

René Magritte


Nous nous engendrons de nos silences, 
De nos regards qui chantent 
De ciel et de profondes nuits. 
Le poème recouvre nos linceuls 
Troués de questions en roses 
Et toutes nos horloges oubliées 
Qui lapaient des crépuscules sifflotés, 
A l’heure où la pierre rencontre 
La sanglante lumière 
Qui fait ailes de toutes mains.

© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"

mardi 23 mai 2017

ESPASMES



Le vent, au loin, fleurit
Dans le pollen des rumeurs.
Les darboukas habillent nos vertiges
De pagnes et de papillons.
La muse, dans les bras d’Eole,
Edifie un pont de guitares,
Entre nos systoles et diastoles.
Un paon floral,
Possédé par la coquetterie du lierre,
S’élance dans les vapeurs montantes
D’une musique
Où se multiplient les étoiles,
Dans le sel luisant,
D’une eau complice.

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

La photo est d'Arthur Szygulski